galeries 
2017 Corée, Masan
Résidence d’artiste Changdong et exposition à la galerie Rhizome, Masan, Corée du Sud


Vide, plein, passage
 
La question de la présence, et celle de la forme la plus appropriée à sa transcription, induit en négatif celle de l’absence comme son inséparable polarité.
Non l’absence-néant de la pensée dualiste, mais le vide perçu par l’Orient comme l’origine de toute énergie, permettant la vie-même du plein, favorisant l’interaction et la mutation.
La source et le retrait, l’intervalle, le silence, l’interstice, l’entre.
 
Vide, plein, et permanents passages de l’un à l’autre, sont à expérimenter sensoriellement : au-delà de la faculté discriminante du concept qui ne peut en rendre compte car il induit une distance et fige ce dont il est concept, la création est envisagée comme pratique méditative, expériences, questionnements du «il y a » dans son mouvement d’apparition-disparition, moyen d’intérioriser le processus de ce changement qualitatif.
Comment vivre le vide à l’intérieur de soi, comment l’appréhender corporellement  afin de participer aussi bien au dynamisme des formes mouvantes qu’au repos du retrait ?
 
Le choix d’une technique de la lenteur et de la répétition a favorisé cette intégration : sur des plages de tonalités claires ou sombres, espaces pour l’errance du regard qui suit la réalité mouvante dans sa fluidité, observer les pleins se répandre en un déploiement progressif. L’excès de plein est envahissement, il sature. Le vide au cœur du plein respire.
Ailleurs, laisser advenir la rencontre toujours renouvelée entre sombre et clair. Le vide accueille toutes les gradations, les nuances du plein, du plus dense au plus léger. Les multiples passages témoignent du mouvement intérieur des formes.
Ou encore, se laisser traverser par les lignes qui serpentent entre pleins et vides.
Wu wei, non-agir, désir de non-but.
 
Non en rapports d’opposition, d’exclusion, mais de devenir, vide, plein, tels des souffles, inscrivent leurs processus au sein de la matière.