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Seiunkan 1, Éloge du flou


Le terme mujo : l’impermanence, est le fondement de la culture du Zen au Japon (Chan en Chine, Seon en Corée).
Il évoque la nature insaisissable et évanescente du monde phénoménal.
Dans la théorie des cordes de la physique contemporaine, la matière n'existe pas, le visible est créé par le mouvement incessant des particules.
 
Le flou rend compte de cette dissolution du réel.
Contraction-dilatation, va et vient entre l'avènement d'une forme et sa volatilisation progressive.
 
Il est une modification du mode perceptif du réel et de son rapport à l'espace et au temps : espace dont il restitue l’immatérielle profondeur, temps dont il laisse deviner le mouvement et la durée.
Évocation de variations fugaces, flottement, oscillation permanente, le flou dans sa mobilité n’est que passage.
 
Rendant la forme non définie, non circonscrite, indéterminée, il dilue sa cohésion et sa solidité, son opacité, sa densité.
Il lie ce que le net délimite, permet les transitions, les états intermédiaires : métamorphoses organiques, minérales, atmosphériques.
 
Il caractérise la vie dans son ambiguïté entre affirmation et effacement, en traduit les vibrations, la présence dans son suspens.
 
Il estompe les particularités pour tendre vers une unité mouvante.